Crevettes.

Je suis sûre que vous avez peut-être souri en lisant le titre ou fait la grimace en mode « WTF ».
« Crevettes » c’est un mot péjoratif, voir insultant et pourtant c’est un animal, tout comme nous… tellement petit que c’est insignifiant. Mais pourquoi elle nous parle de crevettes ?

Hier, je marchais le long du fleuve en respirant enfin un air beaucoup moins toxique que celui dont j’avais l’habitude de respirer en banlieue Parisienne, et je peux vous dire que ça fait un bien fou.

Le paysage m’époustouflait alors je me suis assise sur un rocher pour profiter du spectacle que la nature si généreuse m’offrait.

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A côté de moi, une flaque d’eau avec des crevettes prises au piège de la marée basse. Elles nageaient de manière vive, mais je n’y connais rien de ces petits animaux… Pourtant leur goût, je connaissais bien…

Peut-être s’affolent-elles car elles ont compris qu’elles étaient piégées? Peut être ont-elles peur des mouettes qui peuvent les manger à tout moment? Peut être m’ont-elles vu, comme une ombre et elles me craignent? Peut-être ont-elles simplement la joie de vivre ou est-ce juste leur manière de se déplacer ?

Quoi qu’il en soit, je me suis retrouvée face à elles. J’ai mis ma main dans cette flaque, elles étaient si inoffensives.

Le fait d’être si proche d’elles, a créé comme un lien affectif avec ces petits animaux marins si méprisés, invisibles, et pourtant si précieux. En effet, ce sont : des vies.

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Pour une Parisienne de naissance, je dois vous avouer que j’ai rarement vu des crevettes vivantes dans ma vie. Je les ai plutôt vu dans des assiettes, prêtes à se faire manger. Je me suis rendue compte que je mangeais ces petits êtres si vulnérables.

Cela m’attriste énormément. Mais j’ai pu prendre conscience d’une chose.

Les gens ont peut-être besoin de créer des liens affectifs avec les animaux qu’ils mangent pour enfin comprendre qu’ils sont comme leur chiens ou leur chats (ou autre animal de compagnie).

J’ai envie de te dire toi, non-vegan qui passe par là : Va voir un veau, un cochon, une poule… n’importe, un animal que tu vois en général dans ton assiette. Prends le temps de les caresser (s’ils veulent bien sûr) et croiser leurs regards et je peux te garantir que tu verras une âme aussi pure que celle d’un bébé. Observe son comportement et tu seras étonné de son intelligence et tu pourras même comprendre ses émotions, car oui, nous avons les mêmes. Peur, joie, tristesse, colère…

Mais tu ne le feras pas, car tu ne voudrais pas te sentir mal à l’aise devant « ta » viande le soir même. Tu ne le feras pas, car tu as toujours ces mêmes excuses « on a toujours fait comme ça », « je ne suis pas prêt », « j’aime trop le goût » Etc.

Alors je reste là, sur ce beau rocher en regardant cette nature qui s’offre à moi, et j’essaye de positiver. Pourtant, cela n’empêche pas mes larmes de couler sur mon visage car je vois cette monstrueuse société massacrant toute forme de vie sur Terre, de jour en jour. Que faire? J’écris. Mais est-ce que cela sert-il? …

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Le dessin comme thérapie.

 

En ce moment, j’ai besoin d’extérioriser mes angoisses, mes peurs, mes blessures, comme si c’était un nettoyage à faire pour ma nouvelle vie au Canada.

Les obstacles dans ma vie ont toujours été: MOI. Pendant des années je voulais cesser d’être moi. J’aurais préféré être n’importe qui d’autre. Quand je regardais les gens autour de moi, j’aurais presque tout donné pour être dans leur peau.

Pourquoi? Parce que j’avais l’impression d’être une erreur de la nature. Ne rien réussir, ne jamais faire les choses assez bien. Trop timide, trop sérieuse, trop sensible, trop stressée, trop pensive, toujours le mot « TROP » quand on parlait de moi. Alors je pensais ne jamais être à la hauteur et d’être de TROP sur Terre.

Je n’arrivais pas à me construire, je ne savais plus qui être, ni qui j’étais.

Aujourd’hui je continue à me construire petit à petit, comme tout le monde je pense. Je me découvre et j’aime cette personne que je suis. ENFIN. Il a fallu que je passe par ces obstacles là pour m’accepter.

Nous avons tous une polarité en nous. Le bien et le mal. Chaque jour nous pouvons choisir si l’on veut nourrir la bonne partie de nous même ou la mauvaise. Il n’est jamais trop tard pour cultiver la meilleure partie. ( coucou veganisme 😉 )

Ces dessins sont les émotions négatives que j’ai en moi. Avant, je les écoutait en entrant dans leur jeu, maintenant, je les évacue sur papier. Une fois l’émotion partie, il me reste un joli croquis, j’ai gagné.

Bisous ❤

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Ma phobie sociale, lettre ouverte.

 

Lors d’une action avec l’association Vegan Impact, j’ai fait la connaissance de Magali et miracle, c’est pas tous les jours qu’on rencontre quelqu’un qui vit notre quotidien. Ça fait vraiment du bien, on se sent moins seule ! Nous sommes toutes les deux des phobiques sociales, ce qui n’est pas toujours évident à gérer.

Magali a eu une idée vraiment géniale ( et je t’en remercie infiniment car écrire cette lettre m’a fait vraiment du bien ) : « Ecrire une lettre destinée aux “neurotypiques” (personnes sans problèmes psychologiques, psychique ou mental handicapant).

J’en appelle ainsi à toutes les personnes phobiques sociales à y aller de leur plume et écrire chacun leur lettre ouverte adressée aux neurotypiques.

Qu’auriez vous à leur dire ? Quels seraient vos conseils pour mieux qu’ils vous comprennent ?  »

  • > Je vous invite à lire sa lettre ouverte que j’ai adoré, et aller visiter son Tumblr tout frais  ! 🙂 Cliquez !

 

Click

 

Quand est phobique social, on en parle pas vraiment dans la vie de tous les jours, par honte et par peur de ne pas être pris au sérieux. Je pense que cette lettre ouverte est une bonne façon de vous placer de mon point de vue pour me comprendre, alors bonne lecture !

 

Chers/res Lecteurs/trices,

Pour ma part, ces phobies sont apparues en même temps que mes premières crises d’angoisses, c’est-à-dire, il y a maintenant 4 ans.

Quand je tracte dans la rue pour les animaux, je parle avec des gens que je ne connais pas et heureusement je me sens plutôt à l’aise. Peut-être est-ce le fait de le faire pour la bonne cause? Alors, j’arrive à m’oublier dans ces cas là.

Mais mes vraies angoisses se déclarent dans des situations particulières, surtout dans des salles, où les gens peuvent me regarder. ( Dans ma tête le pire scénario de catastrophe de tous les temps se déroule, c’est du n’importe quoi, ça dépasse ma raison, et j’en suis consciente. )
Je déteste me sentir observée, dévisagée, qu’on attende quelque chose de moi, d’être performante, ne pas faire d’erreurs… C’est des choses qui me rongent de l’intérieur.

Cela fait 4 ans que je me bats chaque jour pour les comprendre, les cacher, les vaincre. Pour paraître « la plus normale possible » aux yeux des autres, car dans cette société, dès qu’on ne rentre pas dans les normes, nous sommes si vite jugés, rabaissés, moqués…

Une phobie c’est comme des angoisses que tu as en toi qui dorment. Et tu dois tout faire pour ne pas les réveiller. Alors chaque jour, tu fais attention à tout, tu planifies tes journées selon tes angoisses. Tu penses angoisses, tu manges angoisses, tu dors angoisses. TU VIS ANGOISSES. Très vite, ta vie deviens un cauchemar, où tu n’es plus libre.

Quand je parle d’angoisses, ce n’est pas le simple stress d’un retard à un rendez vous par exemple, non. C’est 500 000 fois pire; tu as l’impression de mourir, tu te sens vraiment mal à l’aise avec ton corps et avec les gens autour.

Tu as chaud, et puis froid et puis tu ne sais plus en fin de compte, tu ressens tout et plus rien à la fois. Tu transpires énormément, ton cœur s’accélère, tu as l’impression qu’il va sortir de ta poitrine, tu trembles, mais tu dois paraître ultra normale de l’extérieur. Parce que rappelons le, tu n’as pas envie de te faire remarquer, c’est ton pire cauchemars. Tu dois gérer ça, tu te mets une pression monstre. Les secondes sont comme une éternité. Tu te sens coincé dans ton corps qui agonise, il est incontrôlable. Tu n’arrives plus à tenir sur tes jambes qui sont trop faibles. Tu essayes de respirer, de lâcher prise, mais même respirer commence à te faire mal.

Vous croyez que c’est fini? Pas du tout ! Ça peut continuer encore quelques minutes ou reprendre 20 min plus tard ou 5 min ou même recommencer 6 fois le lendemain. Elle est pas belle la vie quand on est phobique?

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Vous comprenez mieux pourquoi j’ai du arrêter la FAC. Quand je mettais juste un seul pied dedans, une crise se déclenchait. J’y ai mis toute la bonne volonté du monde pourtant. A cette période je vous avoue que je ne comprenais plus rien à ce qu’il m’arrivait.

Et bien sûr, des personnes de mon entourage ne comprenaient encore moins. « Tu exagères là! », « Arrêtes de t’écouter! », « C’est pas un peu du cinéma ce que tu fais? »… Je crois que la dernière chose dont on a besoin quand on est phobique, c’est d’entendre ça. ON DONNERAIT TOUT POUR S’EN DÉBARRASSER !

Je ne pouvais pas rester comme ça, alors j’ai fait des séances de psy, je méditais, j’extériorisais avec l’art, enfin bref, je mettais toute mon énergie à « redevenir comme avant », l’époque où je ne connaissais pas les crises de paniques.

Ma vie depuis 4 ans, est une lutte contre moi même. Beaucoup de gens me disent que mes phobies ne se voient pas, et ça me fait plaisir parce que c’est le but justement. Elle sont là cachées et je ne veux les montrer à personne. Je les gère en silence. J’avoue que c’est parfois épuisant.

Récemment j’ai trouvé une méthode qui m’a vraiment aidé: NERTI. C’est une solution rapide, naturelle et ultra efficace pour effacer nos traumatismes. On ne perd rien en essayant, et on peut faire ça seul. Je sens une nette amélioration grâce à cette méthode, ça fait plusieurs jours que je n’ai pas fait de crises alors que pourtant j’étais confrontée à des situations en temps normales qui m’aurait vraiment fait paniquer, et là, rien. Alors je ne perds pas espoir, peut être que tout ça est derrière moi.

Pleins de phobiques se sont soignés grâce à cette méthode et c’est fou de se dire que ça y est, c’est peut être fini? C’est si simple, rapide… alors que ça fait des années qu’on les combats. Je verrai bien avec le temps.

Nous, pouvons être très vite découragés par ce handicap. Je pense que beaucoup d’entre nous sont tombés dans la dépression à cause de cette lutte interminable. La mort nous vient trop souvent à l’esprit comme solution, mais heureusement j’ai eu la chance d’être bien entourée.
Est-ce que je regrette d’avoir connu tout ça aujourd’hui? Bien sûr que non. Ces angoisses m’ont fait grandir. Elles m’ont construites. Sans elles, ce blog n’existerait même pas et vous serez même pas en train de lire ces lignes. Elles font parti de moi et sans elles je n’aurai même pas rencontré mon âme sœur, Tim.

Alors au final, ce sont les pires choses qui me soient arrivées mais aussi les meilleures car aujourd’hui je n’ai jamais été plus heureuse dans ma vie que maintenant. J’ai pris vraiment conscience que la santé n’a pas de prix. Je ne cesse de le dire mais je pense que le seul et vrai secret du bonheur est d’être en paix avec soi-même.

Alors, si j’ai un dernier message à faire passer, si vous re/connaissez une personne phobique sociale, un petit mot gentil peut vraiment changer sa vie. Elle est comme vous. Chaque personne a ses difficultés et nous essayons d’avancer avec. Mais bonne nouvelle, nous pouvons aussi nous entraider.

Je suis Coralie, j’ai 22 ans, je suis neuroAtypique, végane, phobique, animatrice, tout ça ne sont que de stupides étiquettes que la société me colle, je suis juste Humaine.
Car comme vous, je suis quelqu’un. Avec des peurs, des joies, des souvenirs, des rêves. Nous ne sommes pas si différents en fin de compte, alors faisons la paix les uns avec les autre, en commençant par nous même.

gif1signée, une Humaine.

 

 

 

 

 

Terre, monde d’inhumains.

 

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C’est vraiment bizarre cette sensation que j’ai toujours eue. Je suis née sur Terre, j’y ai grandi, appris, ri, pleuré, détesté, aimé… et pourtant je me sens toujours aussi étrangère.

J’aime cette Terre, et je m’y sens bien. J’aime ses saisons, sa nature, ses végétaux, ses animaux, ses couleurs et je pourrais continuer à en énumérer pendant des heures.

Dans chaque détail je vois la création, une force, ou Dieu, peu importe comment vous l’appelez. Je vois la perfection dans une goutte d’eau, dans un brin d’herbe, ou une coccinelle…

Et pourtant je me sens si étrangère aux miens, aux humains. Peut-être parce qu’ils ne sont plus humains justement. Je me sens bizarre quand je suis parmi eux. Je ne me reconnais pas en eux. J’ai même développé des phobies sociales depuis plusieurs années. Mais rares sont les personnes qui le savent car je n’arrive pas à en parler et je prends sur moi pour le cacher. C’est fatigant.

La plupart du temps, j’ai l’impression (et c’est même vrai) qu’ils me jugent constamment car je ne mange pas comme eux, je n’ai pas les mêmes passions qu’eux et je défends des idéologies différentes des leurs. Je n’arrive plus à faire semblant, à rire à leurs « blagues » ou à les imiter. Souvent je passe pour une aliénée. Ou une malade mentale ? Une paranoïaque ? Une hippie ? Un clown ? Une dépressive ? Une fille bizarre ? Une ringarde ? Dîtes le moi, j’aimerais bien savoir, vraiment.

On rit de moi car je défends les animaux. Je devrais penser comme eux car « Mais c’est nous les meilleurs, on est en haut de l’échelle, c’est comme ça». J’aimerais leur répondre « Ah bon ? Parce qu’on a inventé les armes? Des émissions comme TPMP? Le foot ? Tu as raison, on est trop intelligent. Alors, ok, je la ferme, et je vais manger un Big Mac et voter Macron parce que les médias ont dit que c’était le gentil. » car oui, règle no1 pour être un bon mouton : Les médias ont toujours raison.

Des fois je pète vraiment un câble. (Je crois que ça se voit à mon texte ahah) Mais comme a dit Martin Luther King : « L’obscurité ne peut pas chasser l’obscurité ; seule la lumière le peut. La haine ne peut pas chasser la haine ; seul l’amour le peut. » Mais avouez, c’est dur.

Avoir encore un cœur dans une société comme aujourd’hui fait mal. J’ai l’impression de déranger, d’être vite tournée au ridicule, d’être utilisée et de ne pas pouvoir complètement être moi même.

Heureusement je me sens bien qu’avec quelques personnes que je compte sur une main. Sinon chaque jour au travail ou dans la rue, je me sens anormal. Je connais ces gens, sans les connaître. Je suis à leur côtés, sans y être.

J’arrive de moins en moins à me sociabiliser. Alors, je m’isole. Je dessine, j’écris. C’est ma façon d’exister.

Même si j’ai toujours l’impression de ne jamais en faire assez pour combattre les injustices, je continue et j’espère un jour voir un bon résultat.

Pour l’instant, j’ai l’impression que les gens n’en ont rien à foutre. Les Humains me déçoivent. Où sont passés les valeurs comme l’empathie, le respect, l’altruisme, et surtout l’Amour dans ce monde?

J’espère qu’un jour les consciences s’éveilleront. J’espère que les gens regarderont les vérités en face, même si ça fait mal. Je l’espère de tout mon cœur, au plus profond de mon âme car c’est ma mission. Je ferai tout mon possible même si j’échoue. Puis, je repartirai, le cœur léger.

PS : Au lecteur qui passe par là, au hasard ou pas, dit moi si tu ressens ça aussi, j’aime penser qu’il reste des gens encore humain.